Alzheimer : un examen tomographique pour un diagnostic précoce ?

Orpheline de traitement efficace, la maladie d’Alzheimer fait pourtant l’objet d’intenses recherches à travers le monde ; en France, l’équipe du Dr Sylvie Chalon (département “imagerie et cerveau“ à l’Université de Tours) vient d’obtenir la première bourse “Harmonie Mutualité Alzheimer“ décernée par le Conseil scientifique de la Fondation de l’Avenir pour son projet dans la mise au point d’une méthode de diagnostic par imagerie TEP (tomographie par émission de positons).

La maladie d’Alzheimer affecte près de 900 000 Français ; un nombre certainement très en-deçà de la réalité puisqu’on estime que 50 à 70 % des malades ne sont pas diagnostiqués. Cette pathologie dégénérative est en effet généralement diagnostiquée après une phase “silencieuse“, durant laquelle elle est indétectable. Cette phase dure 10 ans, 10 ans au cours desquels les lésions cérébrales s’accroissent et provoquent des troubles irréversibles comme la perte de mémoire des évènements récents, les troubles du raisonnement, de la communication, de l’humeur et du comportement puis enfin la perte de reconnaissance des personnes de son entourage. Pas de diagnostic certain du vivant du patientLe

diagnostic repose aujourd’hui sur des critères cliniques et des tests neuropsychologiques, réalisés du vivant du patient. Les lésions cérébrales, qui seules confirment avec certitude le diagnostic de la maladie d’Alzheimer, ne peuvent en revanche être mises en évidence qu’après le décès du patient. L’un des enjeux de la recherche réside donc là, dans la découverte d’une méthode de diagnostic capable d’identifier, avant que les lésions ne soient trop importantes, les patients qui sont en train de développer la maladie d’Alzheimer. L’

imagerie médicale, non invasive, est une voie de recherche qui séduit fortement les chercheurs. Parmi eux, l’équipe du Dr Chalon tente de développer des traceurs utilisables en imagerie TEP (

tomographie par émission de positons), qui ciblent spécifiquement les récepteurs nicotiniques α7 du cerveau. On a en effet démontré que ces récepteurs cérébraux intervenaient dans le processus de dégénérescence cérébrale et dans la progression de la maladie d’Alzheimer. Le développement de ces traceurs spécifiques permettrait alors de repérer les lésions cérébrales dues à la maladie et de suivre leur évolution.Les chercheurs ont donc pour objectifs de concevoir et synthétiser de nouveaux composés ciblant les récepteurs α7, d’évaluer in vitro leurs caractéristiques pharmacologiques (affinité, sélectivité), de réaliser le radio-marquage au 18F des composés prometteurs, et enfin d’évaluer ces nouveaux traceurs chez l’animal. 8 Français sur 10 redoutent la maladieS’il faut saluer ce travail et espérer qu’il porte ses fruits, il n’en faut pas moins céder à l’optimisme. De nombreux précédents ont en effet montré que la

recherche dans ce domaine est particulièrement ardue et ce ne sont pas les désillusions, en matière de progrès médical, qui manquent. Aucun traitement, à ce jour, ne permet de traiter un patient atteint de la maladie d’Alzheimer, une donnée qui est sans doute en lien avec l’inquiétude des Français à l’égard de cette maladie. Selon un sondage réalisé par l’institut Harris Interactive entre le 25 août et le 1er septembre dernier auprès de 1 000 Français, 79 % ont peur de cette maladie et cette crainte s’accroît avec l’âge (84 % chez les plus de 50 ans). Les femmes quinquagénaires sont les plus nombreuses à la redouter, d’autant plus si elles ont dans leur entourage une personne qui en est atteinte. Cette crainte est d’ailleurs certainement exacerbée par la conscience de pouvoir développer la maladie, qui culmine à 77 % chez les personnes ayant au moins un de leurs proches touché par la maladie. Ce sont bien évidemment les conséquences de la maladie qui effraient les Français : le fait que le malade se coupe peu à peu de son entourage (72 %), qu’il ne se rende pas compte de son état (65 %) et qu’il perde son autonomie (6 5%) sont autant de sources d’inquiétude pour les gens dès lors que l’on évoque la maladie d’Alzheimer. Très connue des Français (99 % connaissent son nom), cette pathologie l’est d’autant mieux chez les personnes vieillissantes. Les seniors sont ainsi 48 % à pouvoir en donner une définition précise. Les deux tiers des gens interrogés savent qu’il s’agit d’une maladie à évolution lente, qui atteint à la fois le cerveau (69 %) et la mémoire (82 %). Cette notoriété se traduit également par le fait qu’elle s’accompagne très peu d’idées reçues, si ce n’est celle qu’elle affecte uniquement les gens très âgés (>75 ans) pour un quart des 15-24 ans interrogés. A l’inverse, une majorité estime qu’elle peut toucher des personnes dès 45 ans, ce qui est vrai pour la forme familiale de la maladie (

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