Benicio del Toro et Mathieu Amalric : complicité cannoise

Têtes d’affiche du long-métrage d’Arnaud Desplechin, en lice dans la compétition officielle, les acteurs se souviennent avec émotion de leur première rencontre, en 2010, sur la Croisette.

Sur le papier, il y a un côté Laurel et Hardy dans leur duo. Le Portoricain (naturalisé Espagnol en 2011) est grand, baraqué, hypnothique et promène un regard ombrageux façon « bon, brute et truand ». Sa filmographie regorge de blockbusters comme ses compatriotes d’outre Atlantique savent les écrire et les produire (Che de Soderbergh, Wolfman de Johnston, Somewhere de Sofia Coppola…). Le frenchie est plus trapu. Ses cernes témoignent d’une certaine angoisse et il tremble un peu. Non moins brillantissime, il préfère le cinéma d’auteur – notamment l’œuvre d’Arnaud Desplechin à laquelle il a énormément contribué.

Les faire jouer ensemble, c’était risquer de s’épuiser à vouloir mélanger de l’huile et de l’eau. Et pourtant : l’alchimie est étonnante.

Dans ce que les festivalier s’accordent à appeler « le premier film américain d’Arnaud Desplechin » (qui s’en défend), la complicité de Benicio et de Mathieu éclaire le lien qui se tisse entre leurs personnages – Jimmy, un indien Blackfoot torturé, et son ethnopsychiatre, Georges Devereux – qui glisse de la crainte l’un de l’autre à une sublime fraternité.

Clin d’œil du destin, c’est à Cannes que les deux compères se sont rencontrés, il y a trois ans. Un an après avoir reçu le prix d’interprétation pour son incroyable prestation dans le Che de Soderbergh, Benicio del Toro faisait, en 2010, partie du jury présidé par Robert DeNiro. Mathieu, lui était en compétition avec son quatrième long-métrage, Tournée, pour lequel il a reçu le prix de la mise en scène.

Et si le destin bouclait la boucle en leur offrant à tous les deux un nouveau prix cette année ? Prenons les paris…

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