Cannes 2015 : pour Hou Hsiao-Hsien, “c’était le moment de faire The Assassin”

Hou Hsiao-Hsien revient au Festival de Cannes avec un film de sabres intitulé The Assassin. Le maître taïwanais et son équipe ont répondu aux questions de la presse en conférence…

Toutes les news de Cannes 2015

7 ans après Le Voyage du ballon rouge, le cinéaste taïwanais Hou Hsiao-Hsien revient dans les salles obscures, et en Compétition Officielle à Cannes, avec un film d’arts martiaux sobrement intitulé The Assassin, qui a divisé la critique lors de sa présentation. Extraits de la conférence de presse du maître…

Voyage dans la dynastie Tang…

La littérature de l’époque de la dynastie Tang (ndlr: du 7ème au 10ème siècle) m’intéresse depuis longtemps, sans doute depuis l’université. Ce sont les personnages féminins, et notamment les assassins, qui me fascinent le plus. Cette dynastie est haute en couleurs et sa littérature comporte beaucoup d’éléments fantastiques. J’ai énormement lu et très rapidement j’ai eu envie d’en faire un long métrage. Mais faire un film d’époque est difficile d’un point de vue économique et, par ailleurs, j’ai dû prendre mon temps pour comprendre les tenants et les aboutissants de cette période. Personnellement je pensais également qu’il fallait que je sois âgé pour faire un tel film. Or c’est le cas désormais et le temps file. C’était donc le moment.

Un film de genre ?

J’ai vu beaucoup de films de “kung fu”. J’affectionne tout particulièrement le réalisme de certains films de samouraïs avec très peu d’artifices. Je recherchais ce réalisme, cette expression simple de puissance. Bien évidemment je sais que c’était très complexe pour les actrices, qui n’étaient pas issues du monde des arts martiaux. Désormais j’ai envie de refaire un film d’arts martiaux et approfondir le genre pour obtenir un film tel que je l’entends.

De la difficulté de faire son cinéma aujourd’hui

J’ai derrière moi de nombreux films, un long travail de réalisation. Quand on crée un film, le public n’est pas là. Si on se met à penser aux spectateurs pendant la création, on rentre dans un autre style de cinéma. C’est une question de choix, une problématique très personnelle. Chacun sa nature, je fais en fonction de la mienne. C’est un défi, surtout en cette époque d’uniformisation et de domination hollywoodienne générale. Pour autant je suis conscient de travailler avec un certain luxe. Le budget de The Assassin est de 15 millions de dollars. Peu de gens peuvent se le permettre… peut-être que je vais devenir très pauvre après ce film ! Mais je ferai tout mon possible pour tourner ce qui me tient à coeur. Ce qui me rassure, c’est que je sais que je pourrai toujours faire appel à la fidèle Shu Qi (ndlr : muse de HHH, qui joue un des rôles principaux du film). Si ce film est un succès, mon prochain film se fera très vite. Si les investisseurs ne rentrent pas dans leurs frais avec The Assassin, j’aurai beaucoup de mal à tourner à l’avenir…

HHH n’a jamais été peintre et pourtant…

Je n’ai pas de passé de peintre. Mais je me rappelle qu’à l’école, le professeur nous avait demandé un exercice de peinture. Je m’étais aperçu alors que j’étais beaucoup plus rapide que mes camarades. C’est mon seul passé de peintre ! Peut-être aurais-je fait un bon peintre mais cela ne correspondait vraiment pas à mon caractère !

Pour revoir en intégralité la conférence de presse, cliquez ici !

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *