Concombres contaminés : vigilance et hygiène recommandées

Alors que l’inquiétude monte concernant les concombres contaminés, les autorités françaises appellent simplement à la vigilance et ne déconseillent nullement la consommation des cucurbitacées. Néanmoins, l’institut de veille sanitaire recommande de prendre certaines précautions, notamment sur un lavage des mains et des légumes rigoureux.

L’épidémie d’intoxications ne cesse de progresser Outre-Rhin : à ce jour, on y dénombre pratiquement 400 personnes touchées dont la plupart en Allemagne (1). Les responsables : des concombres espagnols contaminés par une bactérie Escherichia coli entérohémorragique. Très virulente, cette bactérie serait à l’origine de 11 décès, toujours en Allemagne. En France, six cas de diarrhée sanglante avaient été observés d’après l’Invs (au 31 mai). Les patients concernés, cinq femmes et un homme âgés de 16 à 55 ans, résident ou ont séjourné en Allemagne dans les 15 jours précédant l’arrivée des symptômes.Cette bactérie Escherichia coli productrice de shiga-toxines est extrêmement rare d’après le centre européen pour la prévention et le contrôle des maladies (ECDC) (2). Par les toxines qu’elle produit, elle peut causer divers symptômes, majoritairement gastroentérologiques dont des diarrhées normales ou sanglantes. Dans certains cas, l’affection peut se compliquer et évoluer en

syndrome hémolytique et urémique (SHU), syndrome qui affecte le sang, les reins et dans les cas graves, le système nerveux central nécessitant une hospitalisation.Étonnamment, les personnes concernées ne sont pas nécessairement des jeunes enfants ou personnes âgées. Au contraire, on note une forte proportion d’adultes parmi les personnes touchées par le SHU (87 %) dont 68 % de femmes (3) !De manière générale, la transmission de cette bactérie se fait essentiellement par l’ingestion d’aliments contaminés, cette contamination pouvant être due au contact avec les déjections d’animaux domestiques ou sauvages à un stade ou à un autre de la culture ou de la manipulation. Sa contagiosité est faible. Pour ce qui concerne le SHU, c’est généralement la viande de bœuf qui est en cause.Toujours est-il que pour le moment, le foyer de l’infection n’est toujours pas connu. La commission européenne planche sur le sujet pour déterminer l’origine de l’infection. Après enquête, il s’avère que les concombres incriminés proviennent de cultures sous serres en Andalousie (Espagne). Néanmoins, une contamination sur la chaîne de distribution n’est pas exclue.Si en Allemagne les autorités ont déconseillé la consommation de concombres, tomates et laitues, en France, seul un lot de ces concombres d’origine espagnole a été identifié dans le Morbihan et retiré du marché. Dans un communiqué commun, le ministère de la santé et l’InVS “rappellent les règles d’hygiène habituelles, se laver les mains avant chaque repas et après chaque passage aux toilettes et, concernant les fruits et légumes, les laver, les éplucher ou les faire cuire avant de les consommer“.Le ministère de la Santé a également invité les professionnels de santé français à rester vigilants face à toute personne ayant voyagé en Allemagne et présentant ces symptômes.Emeline DufourSources :(1)

Intoxication alimentaire en Allemagne : mesures mises en œuvre en France , 27 mai 2011, Ministère de l’agriculture, de l’économie, de la santé et DGCCRF.(2)

Outbreak of shiga toxin-producing E. Coli (STEC) , Germany, 27 mai 2011, ECDC.(3) Chiffres du ECD, au 25 mai, sur un total de 276 cas de contamination.

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