Contre toute attente, Jacqueline Sauvage restera en prison

Jacqueline Sauvage vient de voir sa demande de libération conditionnelle rejetée par le Tribunal d’application des peines. Une décision surprenante, alors que François Hollande lui avait accordé il y a quelques mois une grâce partielle…

C’est un immense coup dur. Contre toute attente, la demande de libération conditionnelle de Jacqueline Sauvage a été rejetée ce vendredi 12 août, par le juge d’application des peines. Cette décision intervient plus de six mois après la grâce partielle accordée par François Hollande à cette sexagénaire condamnée pour le meurtre de son mari violent. Le chef de l’Etat avait supprimé une partie de sa peine – 10 ans de prison ferme – pour lui permettre de demander immédiatement une remise en liberté.

Jacqueline Sauvage avait bénéficié du soutien de plusieurs personnalités, comme Valérie Trierweiler, la comédienne Anny Duperey ou Nathalie Kosciusko-Morizet, et son comité de soutien s’étoffait de jour en jour. Mais toutes ces voix n’ont pas suffi. Pour le tribunal, la femme de 68 ans doit « poursuivre sa réflexion sur son passage à l’acte »… en prison. Le juge aurait considéré qu’elle ne pouvait prétendre s’établir chez sa fille, à seulement 15 km de là où s’est déroulé le drame. S’installer si près de son ancienne demeure, et rester en contact avec ses nombreux soutiens risquerait de la maintenir « dans une position victimaire, sans remise en question et sans s’interroger sur sa part de responsabilité » a précisé le tribunal.

Une explication qui en a fait bondir plus d’un, sachant que Jacqueline Sauvage était régulièrement battue et violée par son conjoint, et que la vie de ses filles étaient menacée. Pour beaucoup, elle est devenue le symbole des violences faites aux femmes.

Plusieurs voix se sont élevées dès l’annonce de la décision. L’actrice Eva Darlan, qui fait partie du comité de soutien, a tweeté : « Que Jacqueline Sauvage ne soit pas libérée est indigne. Nous ne l’abandonnerons pas, et continuerons à demander sa libération ». Pierre Laurent, le secrétaire national du Parti communiste, a de son côté estimé qu’une telle décision équivalait à « un permis de frapper pour tous les hommes violents ». L’ancienne ministre Marie-Arlette Carlotti a aussi vertement critiqué le verdict : « Jacqueline Sauvage en prison, c’est nier la souffrance des femmes, donner acte aux hommes violents, c’est indigne de la France. » Le Parquet a déjà annoncé qu’il ferait appel du rejet de la libération de Jacqueline Sauvage.

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