Full Metal Jacket sur TCM : comment le personnage du sergent Hartman est-il né ?

À l’occasion de la diffusion ce soir à 20h45 sur TCM de “Full Metal Jacket”, retour sur le légendaire sergent Hartman, un rôle qui lança la carrière de son interprète, R. Lee Ermey.

Full Metal Jacket – De Stanley Kubrick
Avec Matthew Modine, Arliss Howard, Vincent D’Onofrio

De quoi ça parle ?

Pendant la guerre du Viêt Nam, la préparation et l’entrainement d’un groupe de jeunes marines, jusqu’au terrible baptême du feu et la sanglante offensive du Tết à Huế, en 1968.
Dans son élément

Parmi les scènes les plus mémorables du classique de Stanley Kubrick, difficile de faire l’impasse sur les séquences impliquant le sergent Hartman, l’instructeur des marines chargé de former les recrues dans la première partie du film. En effet, on peut dire que l’homme ne mâche pas ses mots et ses répliques particulièrement fleuries sont devenues cultes. Mais comment ce rôle est-il né ?

Stanley Kubrick s’est appuyé sur les personnalités de quatre sergents instructeurs pour créer le personnage et a engagé R. Lee Ermey, qui lui-même exerçait cette profession dans les années 60, comme conseiller technique. R. Lee Ermey faisait alors ses débuts dans le cinéma et n’était apparu que dans quatre productions, dont la majorité traitait de la guerre du Viêt Nam. Il ne s’agissait que de seconds rôles, voire de rôles si minimes qu’il n’était même pas crédité au générique, comme c’est le cas pour Apocalypse Now où il incarne un pilote d’hélicoptère. 

Lors des auditions, l’apprenti acteur donnait la réplique aux comédiens en improvisant les insultes du sergent Hartman. Ermey fait forte impression sur Kubrick qui finit par lui confier le rôle après avoir découvert le film des auditions. L’ex-sergent reconverti en acteur écrivit une bonne partie de ses répliques. Dans une interview accordée au Washington Post, Kubrick déclara : “Il était assez évident que Lee était un génie dans ce rôle. Certaines personnes peuvent jouer la comédie et d’autres non, qu’elles se soient ou non entraînées. Je crois qu’être sergent instructeur, c’est, dans un sens, être acteur. Parce qu’il prononce les mêmes mots tous les deux mois à de nouvelles personnes, et les dit comme si c’était la première fois, et c’est cela jouer.”

Revoir les répliques cultes du sergent instructeur Hartman

Connu pour son perfectionnisme extrême, Kubrick avait la réputation de faire parfois jusqu’à cent prises d’une même scène mais pas avec Ermey, qui, s’il faisait ses véritables débuts devant une caméra, était toujours prêt : “Lee Ermey passait chaque seconde avec le coach des dialogues et il connaissait toujours ses répliques. Je crois qu’il faisait en moyenne 8 ou 9 prises, parfois 3, parce qu’il était préparé.” (extrait d’une interview de Kubrick dans Rolling Stone en 1987)

Le saviez-vous ?

Pourtant, l’acteur a failli ne jamais terminer le film puisqu’il fut victime d’un grave accident de moto en plein milieu de tournage. Après une sortie de route au beau milieu de la nuit, Ermey s’est retrouvé dans le froid et dans un endroit boisé et désert avec la moitié des côtes cassée. Encore conscient, il est parvenu à signaler sa présence en faisant clignoter les phares de sa moto. Finalement repéré et sauvé par un autre motocycliste, le comédien est arrêté pendant 4 mois et demi.

Plus de 30 ans après sa sortie, Full Metal Jacket doit autant à R. Lee Ermey que celui-ci doit au film de Stanley Kubrick : on reverra l’acteur par la suite dans une centaine de rôles, de Mississippi Burning à Body Snatchers (version Abel Ferrara) en pensant par Seven, le remake de Massacre à la tronçonneuse et Toy Story, où il double le soldat Sarge. En 1996, il s’amuse à reprendre le rôle qui l’a rendu célèbre dans Fantômes contre Fantômes de Peter Jackson : même dans l’au-delà, le sergent n’a rien perdu de sa hargne.

R. Lee Ermey rend hommage à Full Metal Jacket dans Fantômes contre Fantômes :

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