Le cerveau ne se laisse pas acheter !

La motivation financière n’améliore pas lesperformances intellectuelles ! C’est ce que prétendune équipe de chercheurs français del’Inserm.
Ceux-ci ont voulu évaluer la réalisation d’unetâche intellectuelle en fonction des stimulations. En effet,lorsque nous décidons d’accomplir quelque chose, unepremière zone de notre cerveau, constituée de“neurones de la motivation“, va nous pousser à agir. Uneseconde zone cérébrale va alors prendre en charge laréalisation de l’acte lui-même. Pourconnaître les liens qui unissent ces deux régions,l’équipe de Bruno Dubois (PitiéSalpetrière, Paris) a soumis six volontaires à untest. Ceux-ci devaient repérer des analogies entre desgroupes de mots, avec une difficulté croissante. Unemotivation financière était proposée enfonction du niveau de l’exercice (300 euros au maximum). Orles chercheurs ont mesuré les temps de réactions etla performance. Ils ont également observé parImagerie par résonance magnétique (IRM) les zonesactivées dans le cerveau. Résultat : plus ladifficulté s’élève, plus il y a deneurones d’“action“ qui participent. Mais en revanche,l’argent ne provoque pas une plus grande activation de lazone de “motivation“. Au contraire, le nombre de neurones quiinterviennent dans cette région semble diminuer avec ladifficulté. En fait, si la stimulation liée àl’argent est effectivement plus forte avant d’effectuerla tâche, elle est diminuée lors de laréflexion. Pour les chercheurs, il existe un “filtre“ quiinhibe les émotions pour les empêcherd’interférer avec nos capacités cognitives. Unemeilleure connaissance de ces mécanismes pourrait notammentpermettre de mieux traiter la dépression par exemple. Enattendant, évitez de parler de cette recherche àvotre patron : vous auriez bien du mal à justifier ensuitevotre demande d’augmentation !
Source : PNAS, avril 2002 ; vol. 99 : p.5669-5674.

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