Lynch, Les Goonies… Ils ont influencé Ryan Gosling pour “Lost River”

On connaissait Ryan Gosling acteur, le voilà réalisateur avec son tout premier film “Lost River”, à découvrir dès à présent en salles. Quelles sont ses influences ? Qu’est-ce qui l’inspire ?

Etrange, fascinant, perturbant, poétique… Présenté sur la Croisette l’an dernier, le premier film de Ryan Gosling en tant que réalisateur ne laisse pas indifférent, qu’il séduise ou qu’il déplaise, exactement comme les oeuvres et les réalisateurs qui l’ont inspiré. Lost River, un conte-hommage au cinéma d’auteur d’un garçon torturé en quête d’identité, à l’image de son héros ? Plongez dans les méandres de cet univers sombre qui pourrait vous emporter…

Ryan Gosling ne joue pas dans son film, mais son casting impressionne par sa justesse :

Lost River Bande-annonce VO

 

NICOLAS WINDING REFN & DEREK CIANFRANCE

Marqué par ses collaborations artistiques avec Derek Cianfrance sur Blue Valentine et The Place Beyond the Pines et Nicolas Winding Refn sur Drive et Only God Forgives, Ryan Gosling estime que Lost River se trouve à mi-chemin entre les deux univers des deux cinéastes et l’explique ainsi : “En tant qu’acteur, je suis passé des films ancrés dans le réel de Derek Cianfrance à l’imaginaire de Nicolas Winding Refn. Je pense que j’ai oscillé entre ces deux extrêmes parce que ma propre sensibilité de réalisateur se situe quelque part entre les deux”. La situation de la mère de famille du film, incarnée par Christina Hendricks, frappée en plein fouet par la crise économique, sonne effectivement on ne peut plus réel et actuel. Ce qu’elle est amenée à faire pour s’en sortir relève en revanche du pure fantasme, du délire même, inscrit dans de l’intemporel. 

A noter que La musique de Lost River est signée Johnny Jewel, compositeur de Bronson de Nicolas Winding Refn et ayant également participé à la bande originale de Drive. 

Lorsqu’à Cannes, Refn est interpellé par un journaliste de Vulture sur le fait que nombre de ses confrères reprochent au jeune réalisateur de copier le style de son mentor, il répond amusé : “Parce que nous somme des jumeaux, on fait les mêmes films. Séparés à la naissance, nous nous sommes retrouvés. C’est ça qui est bien avec les jumeaux : on se serre les coudes“, avant d’ajouter : “Je pense que c’est un très très beau film, que les gens vont apprendre à aimer au fur à mesure (…) j’ai été ému (…) certaines images me transportent encore (…) Il faut dire que les deux “frères” ont une passion commune pour… les néons, ce qui relève presque du fétichisme ! Et c’est vrai que ces lumières ont quelque chose d’émouvant, comme des phares dans la nuit noire, des repères, ils rassurent.

DAVID LYNCH

Dans le cadrage de certaines scènes, dans les choix musicaux et dans les délires qui les accompagnent -notamment une danse hilarante et endiablée du génial Ben Mendelsohn- Lost River rappelle les facéties de David Lynch, dans Twin Peaks ou plus généralement dans l’ensemble de son oeuvre (Lost Highway, Blue Velvet). Le symbole du feu, le fameux “Fire Walk With Me“, est également très présent : une maison délabrée en proie aux flammes, un vélo enflammé qui traverse un plan… Le film tiré de Twin Peaks avait d’ailleurs été boudé et critiqué lors du festival de Cannes de 1992, lui aussi… 

Ryan Gosling avoue s’être également inspiré des films fantastiques populaires des années 80, contemporains à certaines oeuvres de Lynch, qui ont marqué son enfance : “J’ai passé ces références au prisme de la sensibilité que j’ai acquise depuis en matière de cinéma. Partant de là, l’histoire de Lost River a commencé à se dessiner sous la forme d’un sombre conte de fées, avec la ville dans le rôle de la demoiselle en détresse, et des personnages semblables aux morceaux d’un rêve brisé, qui essayent de se reconstruire.” 

Ryan Gosling est fan des Goonies, comme nous tous ! Et de l’oeuvre de Lynch aussi. Il nous raconte…

Lynch, les Goonies… Ryan Gosling évoque ses inspirations

 

GASPAR NOE

Grand admirateur de Gaspar Noé – il affirme que son film préféré de 2010 est Enter The Void- Ryan Gosling a choisi de confier la photographie de son premier long métrage à Benoît Debie, le directeur de la photo attitré de Noé. Bien que Lost River soit bien plus doux que les films du frenchie, on y retrouve un goût pour les couleurs saturées, un monde de la nuit filmé avec le même sens de l’inquiétant et du sordide, parfois du spectaculaire morbide, comme lorsque l’héroïne arrache la peau de son visage devant un parterre de spectateurs ébahis et enthousiastes. 

Voici la scène préférée de cinéma de Ryan Gosling :

Ma scène préférée Emissions Bonus

 

 

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