Ménopause : pas de lien entre estrogènes et cancer du poumon

Une nouvelle étude suggère qu’un traitement à base d’estrogènes seuls n’augmente pas le risque de cancer du poumon chez les femmes post-ménopausées. Ces résultats publiés dans le Journal of the Cancer Institute précise ainsi le risque lié à ce traitement hormonal de la ménopause.

Lors du congrès 2009 de la société oncologique d’oncologie (ASCO – le plus grand congrès de cancérologie),

l’étude Women’s Health Initiative (WHI – incluant près 16 000 femmes fumeuses) avait révélé que le risque de contracter un

cancer du poumon est identique pour les femmes sous

traitement hormonal de la ménopause (THM) ou non. Mais lorsque le diagnostic de cancer du poumon est posé, le risque de décéder de ce cancer est augmenté de 61 % chez les femmes sous THM ! L’augmentation de la mortalité est particulièrement marquée chez les fumeuses puisqu’une femme sur 100 sous THM est décédée d’un cancer du poumon durant les 8 ans de suivi de l’étude. “Nous savons déjà que ces traitements combinés estroprogestatifs ont plus de risque de bénéfices, incluant un plus grand risque d’

accident vasculaire cérébral et de

cancer du sein. Ces nouvelles données doivent amener ces femmes à discuter avec leur médecin de l’utilité de ces traitements, en particulier si elles fument“ avait alors conclu le Pr. Rowan Chlebowski de l’institut de recherche biomédicale de Los Angeles. Le même professeur revient sur les données de l’étude WHI pour évaluer l’impact des femmes qui prenaient un traitement par estrogènes seuls afin de savoir si ce traitement est aussi délétère que l’association estrogène+progestatif. L’étude conduite dans 40 centres incluant 10 739 femmes ménopausées (après hystérectomie) de 50 à 79 ans a ainsi permis de comparer : la moitié recevant quotidiennement une tablette d’estrogène équin de 0,625 mg et l’autre moitié un placebo. Les chercheurs ont constaté un seul décès supplémentaire dans le groupe sous estrogène (34 morts contre 33 dans le groupe sous placebo). Selon eux, l’utilisation d’estrogènes seuls n’est pas associée à la survenue ou la mortalité par cancer du poumon chez les femmes ayant subi une hystérectomie. Les chercheurs rappellent que selon l’étude WHI, bien que l’utilisation de combinaisons estroprogestatives et estrogènes seuls entraînent les mêmes risques cardiovasculaires (plus d’accidents vasculaires cérébraux et

d’infarctus), il existe de vraies différences quant aux effets de ces produits sur différents cancers. Les thérapies combinés augmentent de manière significative le risque de cancer du sein, alors que les estrogènes n’ont pas de conséquences (ou le réduisent même un peu). Enfin, les thérapies combinées réduisent le risque de cancer colorectal, alors que les estrogènes seuls n’ont pas de conséquences sur ce risque de cancer.En France, depuis 2003, les recommandations sur le traitement hormonal de la ménopause restent inchangées : En cas de bouffées de chaleur ou autres symptômes gênants (c’est-à-dire qui perturbent notablement la qualité de vie) ou en cas d’impossibilités de recourir à d’autres traitements contre

l’ostéoporose, un THM peut être instauré, si vous le souhaitez, pour une durée la plus courte possible. Dans ce cas, votre médecin devra vous donner une information claire sur les risques et il devra effectuer une réévaluation régulière du traitement, au moins une fois par an. Cette réévaluation pourra s’accompagner d’une suspension temporaire du traitement, afin de contrôler la persistance des symptômes et leur sévérité.
Dernière précision qui tombe sous le sens : la meilleure prévention du cancer du poumon reste d’arrêter de fumer… Et pour vous y aider, découvrez nos conseils dans notre dossier “

J’arrête de fumer“.
Luc BlanchotSources : Lung Cancer Among Postmenopausal Women Treated With Estrogen Alone in the Women’s Health Initiative Randomized Trial -Journal of the National Cancer Institute Advance Access published online on August 13, 2010 –

(abstract accessible en ligne)Abstract CRA1500 – Asco 2009Informations générales sur le traitement hormonal substitutif de la ménopause – Afssaps – juillet 2006

(document accessible en ligne)

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