Nicolas Bedos: « Si l’on n’est pas suicidaire, il ne faut pas faire ce métier »

Nicolas Bedos a peur, non pas des terroristes, mais des conséquences de leurs actes. Dans un entretien accordé au journal Le Monde, il dévoile son effroi face à une possible montée de la censure : pour l’humoriste c’est certain, désormais « le pire est annoncé. »

« Il n’y a pas de graduation dans la liberté d’expression. » Depuis l’attentat qui a fait 12 morts lors d’une conférence de rédaction de Charlie Hebdo mercredi dernier, Nicolas Bedos a peur d’une remise en question de la liberté d’expression. Les millions de Français qui se sont depuis réunis pour, entre autres, la protéger, l’ont peut-être depuis rassuré. Mais dans une interview accordée au Monde ce samedi, il dévoilait son effroi sans détour.

« Le pire est annoncé, explique le grand ennemi de Dieudonné. Avant, la censure était d’ordre opportuniste, elle intervenait pour protéger contre la charge des politiques et des associations, lorsqu’on craignait de perdre des lecteurs ou de l’audimat. Demain, ils vont nous censurer au nom de notre propre intégrité physique. » Une conséquence qu’il estime contre-productive : “Pour que Charb, Cabu et les autres ne soient pas morts pour rien, laissez-nous l’ouvrir et risquer notre peau. Quitte à ce qu’on ne puisse plus aller pisser sans être accompagnés par trois agents de sécurité. Si l’on n’est pas suicidaire, il ne faut pas faire ce métier.

« Le plus bel hommage qu’on puisse rendre à Charlie, c’est de continuer le boulot, conclue l’humoriste. Parce que rire, se moquer, c’est résister, c’est vivre. Il ne faut pas étouffer le nez de clown sous un mouchoir blanc. » Un avis partagé par les survivants de Charlie Hebdo, qui comptent bien sortir le nouveau numéro comme prévu, dès mercredi prochain.

Crédits photos : Pascal POTIER / VISUAL Press Agency

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *