Pénurie de médicaments : Agnès Buzyn dévoile ses mesures pour y faire face

Face aux ruptures de stocks récurrentes de médicaments largement utilisés, comme les corticoïdes dernièrement, la ministre de la Santé Agnès Buzyn a souhaité élaborer une feuille de route afin, entre autres, d’améliorer la communication des pharmaciens auprès des patients.

Sommaire

  1. “Fournir en temps réel une information fiable et précise” aux patients
  2. Un plan définitif en septembre pour lutter contre une situation exceptionnelle

Près d’un Français sur quatre s’est déjà vu refuser la délivrance d’un traitement pour cause de pénurie. Entre 2008 et 2018, ce sont près de vingt fois plus de pénuries signalées”, affirme Agnès Buzyn. Afin de lutter contre ce phénomène grandissant, la ministre de la Santé dévoile ce lundi 8 juillet ses pistes, qui reposent sur un meilleur partage de l’information et une meilleure gestion du “circuit du médicament“, du fabricant jusqu’à la pharmacie.“Fournir en temps réel une information fiable et précise” aux patientsCette feuille de route provisoire est construite autour de 28 actions regroupées en 4 axes. Le premier vise à “promouvoir la transparence et la qualité de l’information“, en généralisant par exemple la plateforme, dénommée DP-Ruptures, qui permet aux pharmaciens de signaler les ruptures d’approvisionnement au laboratoire concerné. “Il convient de renforcer la communication réalisée par le pharmacien auprès des patients, afin qu’il puisse fournir en temps réel une information fiable et précise sur la disponibilité de son traitement en ville et à l’hôpital”, précise le document.En outre, la feuille de route propose “des actions ciblées et adaptées à chacun des acteurs du circuit du médicament“, telle que la possibilité donnée par la loi Santé au pharmacien de “remplacer le médicament indisponible initialement prescrit par un autre médicament“, lorsque la pénurie concerne un “médicament d’intérêt thérapeutique majeur“.Elle prône également davantage de “coopération européenne“, en poursuivant “les discussions sur l’achat groupé notamment de vaccins essentiels au niveau européen” et un “partage d’information concernant les situations et les causes des pénuries à l’échelle de l’Europe pour pouvoir trouver de solutions adaptées“.Un plan définitif en septembre pour lutter contre une situation exceptionnelleUn comité de pilotage sera instauré pour assurer la mise en œuvre de ces mesures, associant l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) et “l’ensemble des acteurs concernés” (laboratoires pharmaceutiques, grossistes, associations de patients, etc.).Ces “grandes orientations” constituent “un point de départ” et seront enrichies des propositions des acteurs concernés, pour aboutir à un plan définitif en septembre, précise Agnès Buzyn. En 2017, 538 signalements de rupture ou tensions d’approvisionnement ont été recensés en France par l’ANSM, un record dans l’Hexagone, contre seulement 44 en 2008. Le sujet est devenu très médiatisé, en raison de ruptures de stock portant sur des produits d’utilisation courante ou de première importance, comme des antibiotiques, des vaccins ou des anticancéreux.

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