Sénégal : l’opposant Adama Gaye interpellé pour “offense au chef de l’Etat”

Adama Gaye, ancien journaliste sénégalais, devenu un opposant très critique vis-à-vis du pouvoir du président Macky Sall, a été placé en garde à vue le 29 juillet, puis déféré le lendemain devant le parquet pour “diffusion d’écrits contraires aux bonnes mœurs” et “offense au chef de l’Etat”, a-t-on appris auprès de son avocat. Selon la presse locale, il est poursuivi à la suite de récents “posts” sur Facebook sur la vie privée du chef de l’Etat sénégalais.Le procureur dispose d’un délai de quatre jours, à compter du 29 juillet, pour décider d’une éventuelle inculpation. Cet ancien directeur de la communication d’Ecobank se présente comme un militant pour la “justice, la transparence et le progrès”, après avoir été journaliste dans plusieurs médias. Il a écrit des articles, dont certains très durs, dans la presse sénégalaise et sur les réseaux sociaux. Lesquels dénoncent la mauvaise gestion par les autorités sénégalaises, selon lui, du pétrole et du gaz au Sénégal, dont l’exploitation à grande échelle doit débuter en 2021-2022. “Je me considère comme un prisonnier d’opinion, un détenu politique retenu pour ses écrits basés sur des faits précis, des questions vitales par rapport à la souveraineté nationale du Sénégal, notamment la gestion des hydrocarbures”, a déclaré le 30 juillet à l’AFP Adama Gaye, en présence de son défenseur.Adama Gaye, auteur en 2006 de l’essai Chine-Afrique : le dragon et l’autruche, a ces derniers mois régulièrement mis en cause le président Macky Sall et son frère Aliou Sall dans le dossier de la gestion des hydrocarbures. Laquelle agite depuis deux mois la classe politique et les médias du pays.Suite au reportage de la BBC, la justice sénégélaise a ouvert une enquête le 12 juin. A l’appel d’un collectif citoyen et de l’opposition, une manifestation a réuni le 21 juin des milliers de personnes à Dakar pour exiger la lumière sur les contrats d’hydrocarbures liant l’Etat sénégalais et des compagnies étrangères. Parmi les slogans, on pouvait entendre : “Macky Sall, Aliou Sall, tous voleurs.”

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