Sida : net recul de l'épidémie chez les jeunes Africains

Le nouveau rapport de l’ONUSIDA révèle une baisse de 25 % du nombre de cas chez les jeunes de 15 à 24 ans dans 15 des 25 pays les plus touchés par le sida. Malgré ces données encourageantes, des fonds plus importants sont nécessaires pour mieux riposter contre cette épidémie mondiale.

Selon les termes du communiqué de l’ONUSIDA, “les jeunes conduisent la révolution de la prévention. La prévalence du VIH parmi les jeunes a diminué de plus de 25 % dans 15 des 25 pays les plus affectés par le sida. Cette baisse est dans une large mesure attribuable à une diminution des nouvelles infections à VIH parmi les jeunes“. Dans huit pays -Côte d’Ivoire, Éthiopie, Kenya, Malawi, Namibie, République-Unie de Tanzanie, Zambie et Zimbabwe- la baisse significative de la proportion de personnes infectées a été accompagnée de changements positifs au niveau des comportements sexuels des jeunes.
Au Kenya, par exemple, on a constaté une chute de 60 % de la prévalence du VIH entre 2000 et 2005. Celle-ci a diminué de 14,2 % à 5,4 % dans les zones urbaines et de 9,2 % à 3,6 % dans les zones rurales pendant cette période. De même, en Éthiopie, on a enregistré une réduction de 47 % de la prévalence du VIH parmi les jeunes femmes enceintes dans les zones urbaines et de 29 % dans les zones rurales. L’utilisation du préservatif par les jeunes lors de leur dernier rapport sexuel a augmenté dans 13 pays. On estime à 5 millions le nombre de jeunes séropositifs à travers le monde – ils représentent environ 40 % des nouvelles infections à VIH.
Pour la première fois, l’ONUSIDA a commandé un sondage public international sur le VIH auprès d’environ 12 000 adultes de 25 pays connaissant une forte prévalence du sida (majoritairement africains). Les résultats révèlent que dans l’ensemble, les sondés considèrent toujours le sida comme le plus important problème de santé au plan mondial. En outre, la moitié environ des personnes interrogées sont optimistes quant à la possibilité de stopper la propagation du VIH d’ici à 2015. 41 % d’entre elles jugent que leur pays lutte efficacement contre le VIH.
S’agissant du traitement du VIH, près de six personnes interrogées sur dix considèrent qu’il incombe aux pouvoirs publics de fournir un traitement gratuit ou subventionné aux personnes vivant avec le virus. Parmi les freins identifiés, le manque de ressources/financement arrive en tête, même si d’autres difficultés sont citées : la disponibilité de services de prévention, la stigmatisation et la discrimination…
Présentant une nouvelle stratégie de lutte contre l’épidémie baptisée “Traitement 2.0“, ce rapport a appelé à maintenir des investissements pérennes face à ce fléau. “La riposte au sida a besoin d’un plan de soutien maintenant. Les donateurs ne doivent pas réduire leurs investissements à un moment où la riposte commence à enregistrer des résultats“ a déclaré M. Sidibé. “Il est impossible d’enterrer l’objectif d’allouer 0,7 % du PNB à l’aide internationale et l’objectif de la conférence d’Abuja d’allouer 15 % du budget annuel au secteur de la santé“.
Enfin selon le rapport, les investissements actuels engagés dans la lutte contre le VIH peuvent devenir plus efficients, efficaces et prévisibles. “Nous pouvons réduire les coûts afin que les investissements puissent profiter à un plus grand nombre de personnes“ a déclaré M. Sidibé. “Cela signifie : mieux faire les choses en sachant quoi faire, en orientant les ressources dans la bonne direction et en ne les gaspillant pas, en faisant baisser les prix et en maîtrisant les coûts. Nous devons en faire plus avec moins d’argent“.Selon les estimations de l’ONUSIDA, on dénombrait 33,4 millions de personnes vivant avec le VIH à travers le monde à la fin 2008. Pour cette même année, on estime à près de 2,7 millions le nombre de nouvelles infections à VIH et à 2 millions le nombre des décès liés au sida.Luc BlanchotSource :Rapport “Outlook 2010“ de l’Onusida, juillet 2010

(accessible en ligne)

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